Le 24 janvier 2008, une femme de 19 ans, Sabrina Vandewalle, perdait la vie dans un accident entre Estaires et Steenwerck. Mardi, l'automobiliste, désignée responsable, a écopé de six mois de prison avec sursis.
L'ambiance est pesante mais digne, des sanglots percent le silence, le père de la victime s'avance vers les juges, accablé de douleur. Il ne prononcera qu'une phrase : « Conduire est devenu beaucoup trop dangereux. » Il y a un an, sa fille périssait dans une collision sur la maudite départementale 122, la route d'Estaires à Steenwerck. Peu d'éléments expliquent l'accident, hormis peut-être le fait que « la conduite exige une attention de tous les instants supérieure à ce que chacun peut donner », souligne le procureur.
Ce soir de janvier, la vue est dégagée, la route en bon état, les conditions atmosphériques tout à fait normales. Au volant de sa 206, une automobiliste estairoise de 41 ans rentre chez elle. Dans un virage, elle percute une 106. La quadragénaire, grièvement blessée, n'a aucun souvenir, sauf « le pare-brise brisé et les coussins de sécurité déclenchés ». Dans l'autre véhicule, couché au fossé, le conducteur se rappelle « l'eau qui monte, une grande souffrance, Sabrina qui ne répond pas ». Après vérification de témoignages discordants, l'enquête permettra d'établir que la 206 a mordu sur la voie de gauche.
« Peine archi-subie »
Sa propriétaire n'a pas « fait la démarche d'aller voir la famille de Sabrina. Je n'en avais pas le courage. Aujourd'hui, je les vois, mais je ne peux pas leur parler ». Le procureur requiert à son égard une peine de prison avec sursis. Elle écope de six mois avec sursis et d'une annulation du permis de conduire pour un an.
Le conducteur de la 106 était lui aussi poursuivi. Pour conduite sous l'emprise de stupéfiants. Des traces d'amphétamines, prises plusieurs jours auparavant en boîte de nuit, avaient été retrouvées dans son sang : « Le principe actif était très faible. Quant à la concentration, elle est inférieure à celle contenue dans certains médicaments que tout un chacun peut prendre », plaide son avocat. « La peine principale. Il l'a subie, il l'a archi-subie », poursuit le ministère public. Au-delà de la disparition de son amie, il la subira encore. De réanimation en hôpital de jour, le jeune homme a été soigné plus de six mois. Il devra endurer une nouvelle opération en avril. Il est condamné à 150 E d'amende. • M. L. T.


